Le FN a ciblé Hénin-Beaumont depuis longtemps»
Spécialiste de l’extrême droite, Nonna Mayer rappelle que le tandem Briois-Marine Le Pen, en tête dimanche, au premier tour de la municipale partielle, «quadrille» la ville depuis le milieu des années 1990.
Recueilli par LAURE EQUY

Marine Le Pen et Steeve Briois, tête de liste du FN aux municipales d'Hénin-Beaumont, le 23 juin (Pascal Rossignol / Reuters)
Nonna Mayer est directrice de recherche au CNRS-Sciences-po Paris. Spécialiste de l’extrême droite, elle a écrit plusieurs ouvrages de sociologie électorale. Au lendemain du premier tour de la municipale partielle à Hénin-Beaumont, elle revient sur les ingrédients du succès du Front national - en tête, dimanche, avec 39,34% des voix - qui lui avaient permis de conquérir plusieurs villes du sud-est, voilà une quinzaine d’années: division de la gauche, affaire de corruption. Et ici, crise économique.
Hénin-Beaumont peut-il devenir le nouveau «Vitrolles» du FN?
La seule ressemblance tient dans le fait que ces villes du Sud-est (Vitrolles, Marignane, Orange, Toulon) ont remporté des élections à la faveur de triangulaires, voire parfois de quadrangulaires. Seul, le FN ne peut pas y arriver. Si la gauche est divisée, comme c’est le cas à Hénin-Beaumont, il peut réussir.
S’y ajoutent souvent des affaires de corruption permettant au FN de jouer son air favori: «tous pourris», «sortons les sortants», «tête haute, mains propres», etc.
Qu’y a-t-il de particulier au cas d’Hénin-Beaumont?
Au premier tour, il y avait ces ingrédients de la réussite du FN avec aussi, en arrière plan, la crise économique et sociale actuelle: nous ne sommes pas loin de Metaleurop Nord et tous les jours tombent de nouvelles annonces de licenciements. La conjoncture économique est donc différente. La population, frappée de plein fouet par la crise, voit le FN comme une alternative lorsqu’elle a le sentiment qu’il n’y a plus d’autre recours.
Et, contrairement à 1995, le FN n’a pas le vent en poupe...
Oui, la conjoncture politique est, elle aussi, radicalement différente pour le FN qui, en 1995, se trouvait en pleine ascension électorale avec des scores nationalement supérieurs à 15%. Le parti était en train de s’étoffer, comptait environ 42.000 adhérents. Il a bénéficié d’un contexte porteur jusqu’à la scission de 1999.
Celui-ci est aujourd’hui inversé et, hormis quelques exceptions locales, le parti n’existe quasiment plus: son président est vieilli, de nombreux lieutenants partent, les finances sont dans le rouge,…
Dans ce contexte, le résultat de dimanche n’est-il pas étonnant?
Non, le FN bénéficie d’une implantation locale à Hénin-Beaumont, depuis le milieu des années 1990. Steeve Briois, un cadre du FN très présent et dynamique, récolte le fruit de son travail de terrain. Marine Le Pen, qui y a commencé sa carrière politique en 1999, et lui quadrillent systématiquement le coin, à la rencontre de la population, jouent sur les divisions de la gauche et sur l’incapacité des politiques à résoudre les problèmes sociaux.
Dans la circonscription de Lens, aux législatives de 2002, Marine Le Pen recueillait déjà 24% des voix au premier tour et 34% au second. Tout cela n’a pas éclaté aujourd’hui, le FN avait ciblé la ville depuis longtemps.
Quel est le profil de l’électorat FN à Hénin-Beaumont?
La tradition politique n’y est pas la même que dans le sud-est où le noyau dur de l’électorat FN était surtout formé par les petits indépendants, petits commerçants et artisans. Dans le cas d’Hénin-Beaumont et, plus particulièrement du Nord-Pas-de-Calais, le FN s’appuie plutôt sur un électoral ouvrier et populaire.
Et si Nicolas Sarkozy a récupéré, en 2007, une part importante de l'électorat lepéniste, les milieux populaires et ouvriers, eux, sont restés plus fidèles à Le Pen. Hénin-Beaumont est une des dernières forteresses FN.
Un succès au second tour permettrait-il à Marine Le Pen de s’assurer la succession de son père?
On ne le sait pas encore: l’électorat est une chose, les militants du parti en sont une autre. Le FN est totalement démoralisé, au bord de la faillite, fragilisé par les défections et ses échecs électoraux. Dans la bataille de succession qui l’oppose à Bruno Gollnisch, Marine Le Pen marque en tous cas un très bon point, à revers de la déroute électorale du parti.Pourquoi Cela Choc,Sarkozy a Bien repris le programme du front Nationale Et le député de l'essonne mr valls À bien dit Des propos racistes Sur sa ville En disant qu'il y avait pas assez de blanc À Évry ( Ce qui veut dire Trop de noirs)Ou SarkozyAussiCes permis De dit un casse toi pauvre con Si l'on juge ces paroles Cela s'adresse à toute la classe pauvre Pourquoi autant de cinémaAprès tous ces gens Le Front NationalSais pas ce que ils en avaient ras-le-bol De tous les politiciensVoleurs et magouilleurs De gauche comme de droite Et puis c'est le choix des électeurs. Ça ne se discute pas?
0/10 sur 0 vote
Sélectionnez une note dans le menu déroulant.Aucun commentaire
Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com
- Signaler un contenu illicite
- Voir d'autres sites dans la catégorie Politique
Créer un forum
- Videos Droles
- Clips musique
- Cours création de site web